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Agrément Société de Gestion : le rôle de vos outils dans le dossier AMF

Le dossier d'agrément AMF exige une description précise de vos logiciels. Ce que l'AMF attend, comment répondre, et pourquoi c'est aussi une décision stratégique.
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L'agrément de société de gestion

Obtenir l'agrément SGP auprès de l'AMF est un exercice qui mobilise beaucoup d'énergie sur les aspects juridiques et financiers : structure capitalistique, capital minimum, profil des dirigeants, politique d'investissement, gestion des risques. Dans ce processus, la section consacrée aux moyens techniques est souvent traitée en dernier, rapidement, comme une formalité administrative.

C'est une erreur d'appréciation. Le collège de l'AMF lit cette section avec attention, et la façon dont elle est rédigée dit quelque chose de précis sur la maturité opérationnelle du projet. Une documentation technique solide ne fait pas qu'éviter des demandes de complément : elle renforce activement la crédibilité du dossier et accélère l'instruction.

Ce que le dossier d'agrément société de gestion exige sur les moyens techniques

L'instruction AMF DOC-2008-03 et le guide d'élaboration du programme d'activité (DOC-2012-19) sont explicites sur le périmètre attendu. La SGP doit décrire l'ensemble de ses outils et logiciels informatiques en les distinguant selon leur cadre d'utilisation : tenue et suivi des portefeuilles, valorisation, calcul du ratio de risque global, contrôle des risques, passation des ordres.

À cette liste s'ajoutent, depuis les mises à jour doctrinales de l'AMF en 2024, des précisions renforcées sur deux volets : le dispositif LCB-FT, avec une description explicite des outils utilisés pour conduire les diligences KYC et assurer la surveillance continue des investisseurs, et la cybersécurité, avec une présentation des mesures techniques et organisationnelles mises en place pour protéger les données et garantir la continuité d'activité.

Le programme d'activité doit également préciser les modalités de développement, de contrôle et de maintenance des outils, ainsi que les procédures associées. Ce n'est pas une liste de noms de logiciels, c'est une description de l'organisation opérationnelle qui sous-tend l'activité de gestion.

Ce que le collège lit vraiment dans cette section

L'AMF ne cherche pas à auditer votre stack technologique. Elle cherche à évaluer la cohérence entre le projet de SGP que vous présentez et les moyens que vous prévoyez de déployer pour l'exécuter.

Un dossier qui décrit une activité ambitieuse (gestion de plusieurs véhicules, distribution auprès d'une clientèle retail, multi-classes d'actifs) mais qui documente des outils fragmentés, des processus manuels et une organisation qui repose sur des tableurs, envoie un signal négatif. Pas nécessairement rédhibitoire, mais il génère des demandes de complément et allonge l'instruction.

À l'inverse, un dossier qui présente une stack cohérente, des outils couvrant les fonctions clés de la gestion, des procédures écrites qui s'appuient sur ces outils, et une logique d'ensemble compréhensible, communique que les fondateurs ont une vision opérationnelle réaliste de leur activité. C'est un facteur de crédibilité au même titre que la qualité des équipes ou la robustesse de la politique d'investissement.

Documentation technique — Dossier d'agrément SGP

Dossier insuffisant Génère des demandes de complément
Liste de logiciels sans description Nommer les outils sans expliquer comment ils s'articulent ni quelles procédures les encadrent.
KYC / LCB-FT non outillé Section absente ou renvoyée à des procédures manuelles sans outil de vérification documentaire identifié.
Cybersécurité et DORA ignorés Pas de mention du plan de continuité, de la politique d'accès, ni des exigences DORA et RGPD.
Stack sous-dimensionnée ou idéalisée Décrire des outils qu'on ne peut pas financer, ou des tableurs pour tout gérer : les deux envoient un mauvais signal.
Dossier mature Accélère l'instruction
Stack cohérente avec l'activité projetée Les outils décrits couvrent exactement les fonctions décrites dans le programme d'activité, sans gap ni surcouche.
Procédures écrites par outil Pour chaque outil : qui l'utilise, dans quel cas, selon quelle procédure, et qui contrôle. Ancre les process dès le départ.
KYC, DORA et RGPD documentés Outil KYC identifié, politique de cybersécurité, gestion des accès, traitement des données personnelles : tout est couvert.
Vision post-agrément intégrée Les outils sont conçus pour évoluer avec la croissance : le dossier montre que les fondateurs ont anticipé, pas seulement démarré.
À retenir : une documentation technique mature ne fait pas que satisfaire l'AMF — elle pose par écrit les process opérationnels de la future SGP et renforce la crédibilité du projet aux yeux du collège.

Les catégories d'outils à documenter dans un dossier d'agrément SGP

KYC et LCB-FT. C'est la catégorie la plus scrutée depuis les mises à jour doctrinales récentes. L'AMF attend une description précise du parcours de collecte documentaire, des sources de vérification externes utilisées (listes de sanctions, PPE, vérification d'identité), et du dispositif de surveillance continue. Un outil KYC non intégré au reste de la plateforme de gestion est souvent mal documenté parce qu'il crée des ruptures dans le process que le rédacteur du dossier ne sait pas comment décrire proprement.

Gestion du passif. Registre des associés, traitement des souscriptions et des retraits, production des bulletins de souscription, calcul et versement des distributions. Cette section est souvent sous-documentée dans les dossiers de création, précisément parce que les fondateurs pensent qu'ils n'ont pas encore de passif à gérer. L'AMF attend pourtant une description des outils et procédures qui seront opérationnels dès la première souscription.

Reporting et communication investisseurs. Rapports périodiques, documents réglementaires, portail investisseur. La description de ces outils montre que la SGP a anticipé ses obligations de communication et qu'elle dispose de moyens pour les honorer sans dépendre d'un prestataire externe non identifié.

Cybersécurité, DORA et RGPD. Depuis la mise à jour du guide AMF, cette section est explicitement requise et son périmètre s'est élargi. Plan de continuité d'activité, gestion des accès, hébergement des données, sauvegardes : ces éléments sont attendus dans le dossier. À cela s'ajoutent deux couches réglementaires que les porteurs de projets ne peuvent plus ignorer. Le règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), entré en vigueur en janvier 2025, impose aux entités financières, dont les SGP, de documenter leur résilience opérationnelle numérique : gestion des risques liés aux tiers prestataires technologiques, tests de résilience, notification des incidents majeurs. Le RGPD, de son côté, exige que tout traitement de données personnelles d'investisseurs soit encadré par une politique documentée : base juridique des traitements, durées de conservation, droits des personnes concernées, contrats de sous-traitance avec les prestataires techniques. Une SGP qui ne peut pas répondre à ces questions dans son programme d'activité présente un risque réglementaire que le collège identifie immédiatement. L'hébergement des données sur des solutions grand public sans politique documentée de sécurité constitue dans ce contexte un point de faiblesse explicite.

Une documentation technique mature accélère l'instruction de l'agrément SGP

Il y a un bénéfice que la plupart des porteurs de projets ne perçoivent pas au moment de rédiger leur dossier : documenter sérieusement sa stack technologique, c'est aussi écrire ses process opérationnels pour la première fois.

Décrire comment le KYC sera conduit, comment les souscriptions seront traitées, comment le registre sera tenu, comment les distributions seront calculées : c'est poser par écrit l'organisation qui n'existe pas encore. Ce travail de documentation a une valeur propre, indépendamment du dossier AMF : il force les fondateurs à confronter leur vision opérationnelle à la réalité des contraintes techniques et réglementaires, il crée un référentiel de procédures que les premiers collaborateurs pourront prendre en main dès le premier jour, et il constitue la base du plan de contrôle interne que le RCCI devra mettre en œuvre.

Une SGP qui arrive en instruction avec un programme d'activité dont la section technique décrit non seulement les outils, mais aussi les procédures qui s'appuient sur ces outils, les responsabilités associées et les modalités de contrôle, présente un dossier d'une maturité opérationnelle qui va bien au-delà de ce que l'AMF exige strictement. Ce niveau de détail raccourcit les échanges avec l'instruction, réduit les demandes de complément, et positionne la SGP comme un acteur sérieux avant même d'avoir signé son premier investisseur.

Outil intégré vs stack fragmentée : ce que ça change pour l'agrément SGP

Une SGP qui documente cinq outils distincts pour cinq fonctions différentes (un outil KYC, un outil de gestion de portefeuille, un tableur pour le registre, un outil de reporting, un outil de signature électronique) doit expliquer dans son dossier comment ces outils s'articulent, comment les données circulent entre eux, et comment les procédures garantissent qu'aucune information ne se perd entre les étapes.

C'est faisable, mais c'est un exercice de rédaction difficile. Les interfaces entre des outils non intégrés créent précisément les zones grises que l'AMF demande à documenter, que les porteurs de projets ont du mal à décrire parce qu'elles reposent sur des interventions manuelles que personne ne documente vraiment.

Une SGP qui documente un outil front-to-back couvrant l'ensemble du cycle de vie de l'investisseur (KYC, souscription, registre, appels de fonds, reporting, portail investisseur) présente une architecture dont la cohérence est immédiatement lisible. Les procédures s'enchaînent dans un flux unique. Les responsabilités sont clairement distribuées. Les contrôles s'appuient sur un système centralisé, pas sur une série de passerelles manuelles.

Ce n'est pas seulement une question de présentation. C'est une question de robustesse réelle : un outil intégré produit naturellement la traçabilité que l'AMF demande, sans qu'il soit nécessaire de mettre en place des procédures ad hoc pour compenser l'absence de communication entre les systèmes.

Anticiper la vie post-agrément dès la phase de documentation

L'outil décrit dans le dossier d'agrément devient l'outil opérationnel dès le premier jour suivant l'obtention de l'agrément. Ce n'est pas le moment de documenter une stack idéale qu'on ne peut pas financer : l'AMF le voit immédiatement si les moyens décrits sont disproportionnés par rapport à la taille du projet. Mais ce n'est pas non plus le moment de sous-dimensionner pour minimiser les coûts d'infrastructure, au risque de devoir modifier son programme d'activité six mois plus tard parce que les outils ne tiennent pas la charge.

Le bon équilibre est de choisir des outils professionnels, adaptés au volume d'activité projeté sur les deux à trois premières années, et conçus pour évoluer avec la croissance du fonds. Ce critère de scalabilité devrait figurer explicitement dans la documentation : il montre que les fondateurs ont anticipé leur développement, pas seulement leur démarrage.

Vasco est conçu pour accompagner les sociétés de gestion de leur première souscription à la gestion de plusieurs fonds en parallèle : KYC et diligences LCB-FT intégrés, gestion du passif, back-office et reporting dans une plateforme unique. Pour les porteurs de projets en phase d'agrément, nous pouvons également vous accompagner dans la documentation de votre programme d'activité. Pour en discuter, planifier un échange.